Chevenement

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le 12/06/2021

La réélection de Ghaleb Bencheikh comme président de la Fondation de l’islam de France constitue un fort encouragement pour tous ceux qui croient à la possibilité d’un islam d’intelligence et de progrès. C’est évidemment une défaite pour les fanatiques de tous bords qui ne voient d’autre perspective à la coexistence des religions que la guerre civile. J’exprime ma confiance à Ghaleb Bencheikh pour poursuivre l’œuvre entamée depuis près de deux décennies pour bâtir un islam heureux dans la République.

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le 12/06/2021

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Point, propos recueillis par Jérôme Cordelier, samedi 12 juin 2021.

  • Le Point : Le débat politique, si l'on peut parler encore de débat, est-il devenu un cloaque ?

    Jean-Pierre Chevènement : La dégradation du niveau du débat politique est évidemment consternante. Mais à quoi faut-il la rattacher ? Ne sommes-nous pas victimes d'une sorte de maladie infantile ou peut-être sénile de nos institutions parce que le système des partis politiques ne répond plus ou pas encore à la demande ? Je m'explique. Il ne suffit pas de détruire. Il faut remplacer. Le général de Gaulle a mis près de dix ans pour substituer aux anciens partis de la IVe République une majorité gaulliste, d'ailleurs trop écrasante pour ne pas lui échapper. Les anciens partis se sont adaptés aux institutions de la Ve République, le Parti socialiste à Épinay en 1971, quand son premier secrétaire a été considéré comme le candidat naturel à l'élection présidentielle, mouvement auquel la droite a répondu avec la création du RPR par Jacques Chirac en 1976. Dès lors, chaque parti devenu « parti de système » a prospéré sur son orbe, les socialistes de 1981 à 2017, la droite de 1995 à 2012. Les Français ont d'abord considéré cette opposition inscrite dans l'histoire comme naturelle, avant de s'en détourner de plus en plus manifestement. En 1993, le PS est écrasé et, en 1997, Jacques Chirac se piège avec sa dissolution ratée. Les abstentions et les votes extrêmes ne cessent de monter tout au long de cette période, jusqu'à donner corps au « dégagisme » que nous connaissons aujourd'hui. Les partis de gouvernement qui avaient adapté leurs modes de fonctionnement aux institutions ne recueillent plus en 2002 que 35 % des voix au premier tour et, en 2017, ils sont renvoyés sèchement dans les cordes, la droite avec François Fillon et le PS avec Benoît Hamon ne totalisent à eux deux que 26 %.

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le 27/05/2021

Tribune de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre et président de la Fondation Res Publica, et de Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l’université Paris-II-Assas et membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, pour le quotidien "Le Figaro", parue le 27 mai 2021

La décentralisation décidée par François Mitterrand a irrigué de démocratie élective les rouages administratifs du pays. Elle a participé à unir les citoyens autour d’engagements de proximité et à accroître, par leur contrôle, l’efficacité de l’action publique. Il convient toutefois de ne pas confondre l’aspiration légitime aux libertés locales et le réflexe identitaire. Après la création de la Collectivité unique de Corse et de la Collectivité européenne d’Alsace, nous craignons que de prochains projets de loi, sous couvert de décentralisation, ne conduisent à une France de communautés régionales disposant chacune de son statut «cousu main».

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