Chevenement

Rédigé par Chevenement.fr le 21/02/2020

Hommage de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre

Michel Charasse était un républicain de principes. Cela ne l'empêche pas d'avoir été un homme immensément créatif et imaginatif. François Mitterrand a su utiliser ses grandes qualités. La République perd une figure, et moi un ami.

Rédigé par Chevenement.fr le 20/02/2020

Hommage de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre

Jean Daniel était avant tout un moraliste. Ayant pris une courageuse position contre le colonialisme, lui qui était natif d’Algérie, il a ensuite accompagné la lente mutation du Parti socialiste vers le social-libéralisme. Il restera comme un journaliste de talent et d’influence, figure morale autant que commentateur politique non dénué de malice. Jean Daniel avait une plume. Il a fait du Nouvel Observateur l’arbitre des élégances au sein de la gauche, une sorte de grand régulateur qui souffre aujourd’hui de n’avoir plus de répondant politique.

Rédigé par Chevenement.fr le 29/01/2020

Jean-Pierre Chevènement était l’invité du 6h30-9h30 de France Info TV. Il répondait aux questions de Samuel Etienne, le mardi 8 janvier 2020.

Verbatim

  • Samuel Etienne : Le texte sur la réforme des retraites a été présenté en Conseil des ministres et va entamer son parcours législatif. Le Président de la République a-t-il eu raison de ne pas céder à la rue ?

    Jean-Pierre Chevènement : Le candidat Macron avait annoncé cette réforme, et le principe d’un régime universel est un bon principe, me semble-t-il, notamment car il tient compte de la discontinuité croissante des carrières. L’idée qu’il y ait 1 régime plutôt que 42 est une bonne chose en soi, même si tout cela va prendre du temps. Ce qui me frappe, c’est qu’il n’y a pas de débat sur des points essentiels comme la pénibilité. Pourquoi les gens qui portent des charges lourdes sont-ils exclus de la pénibilité, alors que cela leur permettrait de partir à la retraite un peu plus tôt que les autres ? Ce serait légitime. Autre point : pourquoi les salariés qui gagnent plus de 10 000 € par mois ne sont-ils plus astreints à cotiser ? On accepterait mal une rupture de solidarité entre ceux qui gagnent le plus et les autres.

  • En l’état actuel des textes, les hauts salaires de plus de 120 000 € bruts par an ne paieraient plus de cotisations sauf sur cette marge de 2,8 %, mais ils n’enregistreraient pas de nouveaux droits non plus. Ils seraient obligés par exemple...

    D’aller à la capitalisation ! On voit bien que c’est là l’amorce de la substitution d’un régime à un autre. Je pense que ce débat devrait reprendre le chemin de la raison. Cela dit, on n’oppose pas le tout ou rien. Par exemple, le retrait de la réforme me paraît contraire à ce qui a été dit par le candidat Macron pendant la campagne et approuvé par 66 % des Français qui se sont exprimés. S’il y a des Français qui veulent changer de République, il faut qu’ils patientent deux ans et qu’ils se rassemblent autour d’un candidat qui leur précise laquelle.

Rédigé par Chevenement.fr le 22/01/2020

Les actes du colloque du 5 novembre 2019 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

  • Introduction, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica
  • Les institutions malades du Marché, par Alain Supiot, Juriste, docteur honoris causa, professeur émérite au Collège de France, chaire État social et mondialisation, auteur de La gouvernance par les nombres (Fayard, 2015) et Le travail au XXIème siècle : Livre du centenaire de l’Organisation internationale du Travail (dir., Editions de l’Atelier, 2019)
  • L’état du monde et les métamorphoses de l’hégémonie, par Perry Anderson, Intellectuel et historien, britannique, rédacteur en chef de la New Left Review de 1962 à 1982 puis de 2000 à 2003, professeur d’histoire et de sociologie à l’université de Californie à Los Angeles, auteur, entre autres, de Les origines de la postmodernité (Les Prairies Ordinaires, 2010) et Le Nouveau Vieux monde : Sur le destin d’un auxiliaire de l’ordre américain (Agone, 2011)

Rédigé par Baptiste Petitjean le 15/01/2020

Jean-Pierre Chevènement était l'invité des Matins du Samedi sur France Culture. Il répondait aux questions de Caroline Broué, le samedi 11 janvier 2020.

Verbatim

  • Caroline Broué : la France a été épinglée pour sa gestion du maintien de l'ordre durant les manifestations. Comment la police en arrive-t-elle à des réactions d'une telle violence ?

    Jean-Pierre Chevènement : Il faut traiter cette question avec objectivité et sang-froid. Il y a dans notre pays une tradition de maintien de l'ordre qui remonte aux grèves insurrectionnelles de 1948 : les CRS, créées par Jules Moch à l'époque, auxquelles se sont ajoutés les compagnies de gendarmes mobiles. Ce sont les conceptions du maintien de l'ordre qui prévalent dans notre pays.
    Comme ministre de l'Intérieur, j'avais instauré la police de proximité pour modifier le rapport entre la police et la population, sans contester que pour autant, quelquefois, il faut avoir recours à l'action forte à travers les BAC – brigades anti-criminalité. Ces BAC sont nécessaires car la délinquance que nous affrontons peut être extrêmement violente. On a observé un crescendo historiquement de 1965 à 1982, où il y a eu une croissance de la délinquance, une stabilisation pendant une dizaine d'années, puis à nouveau des violences revêtant un caractère beaucoup plus insupportable, notamment les violences urbaines de 2005.

  • Vous aviez parlé de « sauvageons » à une certaine période.

    C'était à l'occasion du meurtre d'une épicière par un jeune garçon de 14 ans. Ce jeune garçon, que j'ai qualifié de « sauvageon », manquait d'éducation. Un sauvageon, je le rappelle, en bon français, est un arbre non greffé qui court à même le sol, qui n'a pas de tuteur. La dimension de l'éducation est essentielle : on ne peut pas parler de sûreté, de sécurité, sans parler aussi de citoyenneté, de civilité. Tout cela s'est beaucoup dégradé. On a vu des actions très violentes contre la police, certaines manifestations dégénèrent avec des jets de cocktail molotov, des éléments violents s'introduisent au sein des Gilets jaunes. Il a fallu modifier la doctrine du maintien de l'ordre. C'est récent, ça a été la tâche du nouveau Préfet de police et du nouveau ministre de l'Intérieur.

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