Chevenement

Rédigé par Chevenement.fr le 16/04/2019

Communiqué de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre

Qui, parmi ceux que hante, depuis plus de cent ans, la fin de la France, n'a pas éprouvé, en voyant brûler Notre-Dame, cœur de notre Sacré, la réalisation symbolique de son pressentiment ?

Et aussitôt s'est levée la grande ombre de celui qui, même au fond de l'abîme, n'a jamais désespéré, je veux dire, bien sûr, Charles de Gaulle. Est-ce lui qui a inspiré Emmanuel Macron, quand celui-ci a déclaré : "Nous rebâtirons Notre-Dame !".

Mais ce n'est pas seulement Notre-Dame qu'il faut rebâtir, c'est le patriotisme français, c'est l'Histoire de France, notre récit national, notre République.

Au moment où le Président de la République allait apporter sa réponse au grand débat qu'il avait lancé il y a quatre mois pour reconstruire notre démocratie, Notre-Dame brûlant rappelle à tous l'ampleur de la tâche.

Comment cette reconstruction de la démocratie et du patriotisme français serait-elle possible dans une atmosphère de guerre civile froide ?

A cet égard, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a trouvé les mots les plus justes pour dire que ce qui nous unit - la France, sa civilisation, son Histoire - est plus fort que ce qui, temporairement, nous divise. Ainsi Notre-Dame, du fond des siècles, nous appelle-t-elle, ensemble, à continuer la France.

Rédigé par Chevenement.fr le 08/04/2019

Les actes du colloque du 29 janvier 2019 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

  • Introduction, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica
  • Analyse de la situation politique, par André Kaspi, historien, spécialiste des Etats-Unis, auteur, entre autres, de Les Américains (2 tomes, rééd. 2014, Points) et Les Présidents américains, en collaboration avec Hélène Harter (Tallandier, 2012)

Rédigé par Chevenement.fr le 08/04/2019

Une tribune de Jean-Pierre Chevènement, paru dans Les Cahiers de l'Orient, n°133, hiver 2019

Il a fallu plus d’un siècle entre la proclamation des libertés d’opinions, « même religieuses », par la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789) et le vote de la loi sur « la Séparation de l’Église et de l’État » (1905). C’est le temps qu’il a fallu à la République pour fixer sa doctrine en matière de religion. Rien d’évident au départ dans un pays où le catholicisme constitue la religion très largement majoritaire des Français.

Au début, il y eut la tentation de s’assurer la fidélité du clergé aux institutions que fonde désormais non plus le droit divin mais la souveraineté populaire. Ce fut en 1790 la « Constitution civile du clergé » qui déboucha sur l’opposition entre les prêtres assermentés (ou « jureurs ») et les prêtres réfractaires, origine profonde des guerres de Vendée. Puis se fit jour, avec le « Culte de l’Être suprême », la tentation rousseauiste, c’est-à-dire déiste, de donner une religion à la République pour l’adosser à l’idée d’un « sacré ». Cette idée, si contraire à l’esprit voltairien ou à la philosophie des Encyclopédistes qui imprégnaient la majorité des membres de la Convention Nationale, perdit Robespierre. L’idée de laïcité, pensée par Condorcet, n’était pas mûre. Les tentatives de déchristianisation heurtaient le sentiment profond du pays.

Esprit pratique, Bonaparte reconnut le catholicisme non comme religion de l’État, mais comme la religion de la majorité des Français. Poussant à son terme la logique du gallicanisme, il imposa au Pape le Concordat de 1801, tout en préservant la liberté des autres cultes, quitte à les organiser, ce dont ceux-ci s’accommodèrent fort bien, tout comme d’ailleurs le catholicisme le fit du Concordat. Ce compromis réaliste a duré plus d’un siècle. La Seconde République a ignoré la question de la laïcité. La troisième ne s’y est référée qu’avec d’infinies précautions.

Rédigé par Chevenement.fr le 03/04/2019

Les actes du colloque du 5 décembre 2018 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

  • La crise démographique et la question migratoire, par Gérard-François Dumont, professeur à l’université Paris-Sorbonne, président de la revue Population & Avenir, co-auteur avec Pierre Verluise de Géopolitique de l’Europe (Armand Colin, 2009)

Rédigé par Chevenement.fr le 01/04/2019

Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Livres et vous..." sur Public Sénat, une émission présentée par Adèle Van Reeth, le vendredi 29 mars

Verbatim

  • Adèle Van Reeth : L'expression "réparer la France" est de vous, Jean-Pierre Chevènement, vous qui publiez. Mais la réparation ne serait rien sans le diagnostic que vous livrez dans Passion de la France. Est-ce un passage obligé que de livrer des analyses après une telle expérience politique ?

    Jean-Pierre Chevènement : Pour aider les jeunes générations à comprendre la France d'aujourd'hui, il faut leur raconter comment on en est venus là. Tout le monde ne peut pas aligner une telle longévité en politique ! J'ai été élu de Belfort pendant 41 ans, j'ai exercé un certain nombre de responsabilités qui m'ont permis d'entrer dans la compréhension de cette période. J'ai toujours voulu rester fidèle à l'idée que je me fais de la vérité : on ne peut pas gouverner en République contre la raison des citoyens. Un homme de gouvernement doit être clair quant à son cap, et il doit être en phase avec le peuple.

  • Qu'est-ce que la vérité en politique ?

    Ce vers quoi un certain nombre de choix nous conduisent. Par exemple, l'accrochage du Franc au Mark puis la monnaie unique surévaluée ont largement contribué à la désindustrialisation de la France. On parle de la crise du civisme, mais comment ne pas comprendre qu'à la racine de la crise, il y a une lente désagrégation de la société française, cette segmentation entre les banlieues, les quartiers riches, la France périphérique.

  • Suivez-vous la vérité des faits ou votre idéal ?

    Je suis exigeant : c'est la vérité des faits. Les convictions ne suffisent pas, il faut que les analyses soient justes. On s'est coulés spontanément dans le néolibéralisme alors que nous avions été élus pour autre chose ; on n'a pas cherché à inventer autre chose. Or, la France en avait les capacités au début des années 1980.

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