Chevenement

Rédigé par Chevenement.fr le 16/10/2019

Les actes du colloque du 18 juin 2019 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

  • Introduction, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

Rédigé par Chevenement.fr le 11/10/2019

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Point, propos recueillis par Jérôme Cordelier, jeudi 10 octobre 2019.

  • Le Point : On entend dire dans les cercles du pouvoir, pour affronter les questions d’islamisme, de laïcité, d’immigration, d’autorité : « Ah ! si l’on avait un Chevènement ! » Comment interprétez-vous cet appel ?

    Jean-Pierre Chevènement : Il y a sûrement de jeunes Chevènement dans le paysage politique… Des gens capables de lucidité, et de s’inscrire dans une vision large, dans un temps long.

  • Qu’entendez-vous par vision large ?

    Une vision considérant que les problèmes d’immigration concernent autant les pays d’origine que d’accueil. J’approuve l’initiative d’Emmanuel Macron de se saisir de ce sujet crucial, même si je regrette que le débat parlementaire qu’il a initié se soit déroulé sans vote. On attend encore une grande politique d’immigration, indissociable de mesures pour l’intégration et se fondant sur le concours de deux volontés : celle des impétrants à notre nationalité, qui doivent accepter les lois républicaines, apprendre le français et travailler, et celle de la France, qui doit mettre en œuvre des politiques égalitaires sur l’emploi, le logement, l’éducation et faire vivre la fraternité. Il y a urgence à agir dans cette direction, si l’on veut éviter la poursuite de la fragmentation de la société française. Les guerres civiles commencent toujours à bas bruit. Je rappelle que les guerres de religion ont débuté par un premier bûcher dès 1523 et que les massacres de Vassy et de la Saint-Barthélemy n’ont eu lieu qu’en 1562 et 1572... Il en va de même avec nos attentats djihadistes. Les problèmes enflent au fil des décennies, je vois l’horizon s’assombrir depuis longtemps. En responsabilité, j’ai tout fait pour lutter contre cet « archipelisation de la France » dont parle aujourd’hui Jerome Fourquet : je voyais bien se creuser les fractures et les îles qui le composent s’éloigner de plus en plus… Les territoires perdus de la République, ce n’est pas une découverte récente ! Après les tueries du Bataclan et de Nice, les attentats de Marseille, Strasbourg et maintenant celui de la Préfecture de police de Paris, sans compter tous ceux qui ont été déjoués, témoignent que le mal continue de cheminer sur le terreau d’un ressentiment venu de loin.

Rédigé par Chevenement.fr le 10/10/2019

Jean-Pierre Chevènement était l'invité de la Matinale d'Europe 1, mardi 8 octobre 2019. Il répondait aux questions de Matthieu Belliard.

Verbatim

  • Matthieu Belliard : Manuel Valls parlait "d'apartheid ethnique", Gérard Collomb redoutait que l'on finisse par vivre "face à face" après avoir vécu "côte à côte" et Edouard Philippe mentionne des "dérives communautaires, une sécession insidieuse dont nous ne voulons pas". On a perdu beaucoup de temps, Jean-Pierre Chevènement ?

    Jean-Pierre Chevènement : Tous ces discours sont marqués d'un certain pessimisme, aucun ne dore la situation. Mais où sont les mesures concrètes qui auraient permis de traiter les problèmes liés à l'immigration ? L'immigration n'est pas qu'un flux entre pays d'origine et pays de destination. C'est un ensemble de problématiques complexes qu'il faut appréhender dans leur ensemble si l'on veut que ces flux migratoires soient correctement accueillis. Il y a un lien entre notre capacité d'intégration et l'immigration. Je suggérerais que l'on parle à la fois d'immigration et de la panne de l'intégration. Comment remettre en route la machine à faire des Français ? La France le veut-elle ? Les candidats à notre nationalité ont-ils cette volonté ? Comprennent-ils ce que cela implique ? Des droits, bien sûr, mais aussi des devoirs.

    Quand j'entends Edouard Philippe parler de quotas, à quoi va-t-on les appliquer ? Au regroupement familial ? C'est très difficile. Aux étudiants ? Nous voulons être attractifs. Les deux principales sources de l'immigration sont d'une part les visas touristiques, qui ont doublé depuis une bonne dizaine d'années : il y a en 4 300 000 par an. Qui peut s'assurer que ces touristes rentrent bien chez eux ? D'autre part, les demandes d'asile qui ont explosé et ont été multiplié par 2 en l'espace de 5 ans alors qu'elles diminuent dans les pays voisins. Il y a là des masses impressionnantes et nous ne sommes pas dotés des moyens de faire face à ces problèmes.

  • Le Président de la République dit qu'il lui manque un Chevènement.

    Il y a bien des jeunes Chevènement dans les générations qui viennent ! C'est au Président de la République de trouver l'homme idoine.

Rédigé par Chevenement.fr le 09/10/2019

Dépêche AFP, mardi 8 octobre 2019.

L'ex-ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement critique une "culture du déni chez nos élites" qui sous-estiment selon lui les conséquences d'une immigration sans contrôle et sans intégration, porteuse des germes d'une "guerre civile", a-t-il dit à l'AFP.

Le débat au Parlement sur l’immigration "est utile s’il est suivi de mesures", a estimé le président de Res Publica, dont Emmanuel Macron, que son entourage qualifie volontiers de "chevènementiste", a loué les qualités en privé.

"Il faut faire comprendre à tout le monde que le vent a tourné et qu'on n'est plus dans l'autocensure", a poursuivi Jean-Pierre Chevènement, "et affirmer la vraie dimension du problème. D'une part aider les pays d'origine à se développer, à devenir des États de droit sûrs, à investir dans l'éducation et à maîtriser leur fécondité".

"Il faut aussi que les pays d'accueil puissent intégrer ceux qui veulent devenir Français", a-t-il poursuivi, évoquant "la panne de l’intégration". "C'est indispensable si on veut éviter que se créent des communautés enclavées, des territoires où la loi républicaine n'est plus reconnue, où on finit par s'accommoder de mœurs aux antipodes de nos principes, comme la polygamie ou la mise en tutelle des femmes ou la ségrégation".

Rédigé par Chevenement.fr le 09/10/2019

Les actes du séminaire du 2 juillet 2019 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

  • Introduction, par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica
  • Une situation singulière, par Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII)

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