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Corse : Emmanuel Macron "a tenu un discours d'une grande force"

Rédigé par Chevenement.fr le 07/02/2018 à 15:14 | Lu 2338 fois

corse

Jean-Pierre Chevènement était l'invité de RTL soir, 6 février 2018.

Verbatim

  • Le discours du Président de la République (en Corse lors de la journée de commémoration de l'assassinat du Préfet Claude Erignac le 6 février 1998) me paraît fort mais normal. J'ai été très sensible à l'intervention de Madale Erignac, particulièrement émouvante.
  • La Corse fait partie de la République. L'Etat y est chez lui. On ne peut pas oublier l'assassinat du Préfet Erignac, le seul assassinat perpétré en temps de paix contre un préfet. Nous devons commémorer "républicainement" son souvenir.
  • La collectivité unique avait été rejetée par un référendum en 2003. Un gouvernement a jugé bon, par une loi de 2015 et par une ordonnance de novembre 2016, de faire une collectivité unique, c'est-à-dire de supprimer les deux départements en les fusionnant avec la collectivité de Corse. Puisque les nationalistes ont obtenu une majorité, profitant au passage de la vague "dégagiste", ils doivent procéder à cette fusion, et mobiliser les moyens de la collectivité pour résoudre les problèmes qui se posent, d'abord le chômage - 13% de la population active - et le taux de pauvreté qui est sensiblement plus élevé en Corse par rapport au continent.
  • Les nationalistes ont toujours été dans la surenchère. Leur technique c'est la pression maximum pour faire reculer l'Etat. Et depuis 40 ans on peut dire qu'ils y sont parvenus. Examinons leurs revendications : l'amnistie, le Président de la République y a répondu, il n'en est pas question ; la co-officialité du corse et du français, cela veut dire que tous les actes administratifs et privés devront ou pourront être rédigés soit en français soit en corse, imaginez la complexité qui va résulter de tous les contentieux qui ne manqueront pas de surgir. Beaucoup de revendications sont absolument inacceptables. La statut de résident qui ouvrirait la voix à la définition d'un "peuple premier" comme on dit en Nouvelle-Calédonie. Il y a actuellement des problèmes en Corse, mais il faut que les gens qui sont aux affaires prennent les moyens de les résoudre.
  • "Plus d'autonomie", c'est une logomachie. Ils ont déjà l'autonomie dans presque tous les domaines. La réalité c'est que nous avons une faction indépendantiste qui est prête à utiliser tous les moyens. La Corse est dans la République, on est prêts à discuter sérieusement des problèmes sérieux, mais pas se laisser entraîner dans une glissade qui conduirait à la rupture de l'unité nationale.

    Source : RTL


(2) Commentaires
1. Thierry Russo-Delattre le 07/02/2018 20:21
Bonsoir M. Chevènement,

Vous avez réaffirmé avec vigueur la prévalence de l'Etat français sur le peuple corse et je partage vos idées, reconnaître l'autonomie reviendrait à ouvrir une boîte de Pandore, affaiblissant encore un peu plus ce qu'il reste de notre beau mais si pauvre pays. Toutefois, vous ne pouvez ignorer que les régionalismes sont organisés par l'Union Européenne avec les Eurorégions, M. Asselineau l'a irréfutablement démontré dans ses conférences car le seul but de cette oligarchie illégitime pilotée par des non-élus, est de détruire les nations souveraines, de les piller et les réduire en esclavage par la dette.

Alors, voici mes deux questions : si nous ne doutons pas un instant de votre patriotisme et de votre amour de la France eu égard à votre brillant parcours, pourquoi ne pas prendre clairement position POUR la sortie de l'Union Européenne avec un Frexit ? Sans la souveraineté de la France, interdire l'autonomie à la Corse ne sert à rien puisque nous ne décidons plus. N'avez-vous pas l'impression de participer, par souci de pacification, à une sorte d''enfumage" collectif dont nous ne sortirions pas gagnants ?

Je vous remercie pour votre réponse
2. Emmanuel GILQUIN le 08/02/2018 12:58
Les extrêmes sont utiles en démocratie, écrivait le statisticien anglais Moroney, tant qu'ils se cantonnent dans les manifestations et élections paisibles. Je constate seulement qu'une seule contrée n'a pas d'autonomistes, le mien, celui des Chtis (ou des Boches du Nord suivant les époques). Il a eu droit,non seulement à une énorme centrale nucléaire, mais encore aux affreuses éoliennes qui ont détruit les paysages sauvages du Haut pays d'Artois chers à Bernanos, sans oublier le sous sol artésien crevé de cubes de béton de 30 m de côté. L'éradication totale du flamand vers Hazebrouck et Dunkerque sert d'argument aux extrémistes belges. L'Histoire est massacrée par les Parisiens qui aiment mieux parler de Marco Polo que du diplomate Guillaume de Rubrouck bien antérieur. Rubrouck est la seule commune française jumelée avec la Mongolie. Son petit musée est remarquable.
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