Chevenement
Garder la boussole

Rédigé par Jean-Pierre Chevènement le 01/08/2007 à 16:45 | Lu 7145 fois

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Enfourcher la rossinante des critiques bruxelloises pour combattre la politique de Nicolas Sarkozy est une tentation dont la gauche doit se prémunir. On entend certains socialistes se réfugier sous les jupes de la Commission et reprendre ses attaques, pour prendre à Paris des habits d’opposants.

Mais la gauche aurait tout à perdre à se confondre avec la critique libérale qu’on entend exprimer à Bruxelles ou à Berlin. Elle aurait tout à perdre à déplorer le déficit budgétaire français au nom du carcan du pacte de stabilité européen, à rejeter le volontarisme industriel national au nom de la libre concurrence communautaire, ou à critiquer la capacité d’action et les atouts propres à la France dans les relations internationales.

Les responsables de la gauche n’ont pas à se transformer en exilés de Coblence, et à reprendre les fatwas de la Commission contre la politique française dès lors qu’elle sort – si peu que ce soit - des sentiers battus de l’orthodoxie monétaire, du dogme de la concurrence ou de la paralysie communautaire. Si la gauche se laissait enfermer dans cette posture, elle se couperait du peuple !

La crédibilité d’une opposition vraiment républicaine ne consiste pas à faire flèche de tout bois, mais à s’arrimer à un projet exigeant qui donne cohérence à la critique démocratique.



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