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"La méthode des nationalistes corses est la mise sous pression constante de toutes les autorités de la République"

Rédigé par Chevenement.fr le 09/02/2018 à 10:38 | Lu 4243 fois

corse emmanuel macron police de proximité

Jean-Pierre Chevènement était l'invité des Voix de l'Info sur CNews, une émission animée par Sonia Mabrouk, jeudi 8 février 2018.

Verbatim

  • La méthode des nationalistes est la mise sous pression constante de toutes les autorités de la République. Ils ont l'art de se faire passer pour des victimes, et pratiquement font régner une atmosphère de chantage, chantage à la peur souvent, et de victimisation. Je me faisais un devoir républicain et un devoir moral d'être présent pour le 20ème anniversaire de cet odieux attentat (l'assassinat le 6 février 1998 du préfet Claude Erignac).
  • Les nationalistes savent depuis 40 ans créer une atmosphère de pression, grâce à laquelle ils ont fait reculer tous les gouvernements. Nous en sommes au 4ème statut d'autonomie. Celui qui vient d'intervenir au 1er janvier 2018 n'est même pas en application qu'ils en demandent un autre.
  • Il y a dans les médias des gens qui sont trop à l'écoute de ce que disent les nationalistes et qui n'écoutent pas la voix de la vérité. Emmanuel Macron l'a dit d'emblée : "Je suis venu retrouver le chemin de la franchise et rompre avec les faux-semblants". Je sais qu'il y a une idéologie pesante qui existe dans cette île et qui est relayée partout ou presque. Par conséquent, c'est très difficile pour ceux qui servent la République de lutter sereinement contre des gens qui ont commis, aux dires de Gilles Siméoni père, "plus de 10 000 attentats".
  • La co-officialité de la langue corse et du français compliquerait énormément la vie de tout le monde. Cela voudrait dire que tous les actes de la vie administrative et tous les actes civils, sous seing privé, devraient ou pourraient être rédigés aussi bien en corse qu'en français, donc on peut imaginer les conflits d'interprétation, contentieux... Ce serait le pataquès. Et ce serait un signal désastreux. L'édit de Villers-Cotterêts date de 1539, alors si on suivait la pression des indépendantistes corses, on reviendrait à avant 1539, et tout le reste est à l'avenant.
  • (sur le projet de "Police de Sécurité du Quotidien" présenté par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb) L'intention est bonne. Il faut rapprocher la police et la population parce que la sécurité est le produit d'une coopération entre la police, différents milieux professionnels, directeurs d'établissements scolaires, collectivités locales... Une police plus présente sur le terrain, qui fasse de la prévention mais également de l'intervention et le cas échéant de la répression, demande quelques effectifs. C'est le problème de la police de proximité. Il va y avoir une 1ère expérimentation dès le mois de septembre dans une trentaine de quartiers. C'est une correction par rapport à la politique impulsée par Nicolas Sarkozy qui avait suspendu la police de proximité que j'avais mise en oeuvre, en limogeant en quelque sorte le Commissaire Havrin que j'avais nommé directeur de la Sécurité publique.
  • Emmanuel Macron a été élu Président de la République sur un programme qu'il a développé, il l'applique. Je pense que les Français ne peuvent pas l'oublier sauf à mettre en cause le principe de la démocratie. Emmanuel Macron essaie de trouver un équilibre, c'est son fameux "en même temps". Il a eu l'immense mérite d'en finir avec une 'partitocratie' qui pesait sur le pays depuis trop longtemps et qui avait entraîné la désaffection des Français par rapport aux partis politiques qui se succédaient, chassés par une sorte d'effet d'essuie-glaces. Emmanuel Macron essaie d'innover, d'inventer une politique qui marche. Je lui souhaite plein succès, parce que son succès sera aussi celui de la France.


(1) Commentaires
1. Carl GOMES le 14/02/2018 12:48
Au lieu de se goberger des quelques déclarations que Mr Macron a faites au sujet de la Corse, et qui ne sont d'ailleurs pas très claires, Mr Chevènement ferait mieux de s'intéresser au sort que celui-ci a donné à l'entreprise Alstom qui régit l'économie de l'est de la France où il a été élu lorsqu'il était ministre ainsi que sous son mandat présidentiel.
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